Pourquoi je ne regarde pas de looks ? Qu’est-ce qui m’inspire ?

1 – Pourquoi je ne regarde pas de looks ?

Je ne cherche pas de looks chez les autres, car je n’ai pas envie de parcourir une multitude de tenues pour n’en trouver qu’une infime quantité qui me plaît. C’est ce qui se passe également lorsque je cherche des vêtements. Regarder des pages et des pages ne m’amuse pas davantage, mais je n’ai pas le choix si je veux me vêtir, en mieux, en allant plus loin. Entre la contrainte de passer du temps à chercher des pièces et celle de m’habiller moins bien, je préfère encore m’astreindre à la première

Aujourd’hui, je connais beaucoup mieux les marques et les e-shops, ce qui me rend bien plus efficace et me permet de trouver davantage de choses. Sans m’amuser davantage.

Je vois forcément des looks, de toute façon, puisque les vêtements sont souvent portés par des mannequins sur les e-shops, que ce soit sur les pages produits ou sur la page d’accueil.
J’en vois également sur les communautés en ligne consacrées à la mode, même lorsque je ne consulte pas les sections dédiées aux tenues.

Je ne cherche pas non plus les lookbooks des marques, mais il m’arrive tout de même d’en voir. Si une pièce me plaît parce qu’elle rend bien dans un lookbook, puis qu’elle paraît beaucoup plus neutre sur la page produit, j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps, voire d’avoir été dupé. Il arrive aussi qu’un article aperçu dans un lookbook ne soit pas encore en vente. Il faut alors attendre sa sortie, en espérant le retrouver et qu’il ressemble réellement à ce qui était présenté.

J’ai rarement cherché des défilés, même si j’en vois passer de temps en temps.

Sur Instagram, je vois parfois des looks lorsque je vérifie qui vient de me suivre ou lorsque je cherche le site d’une marque et que je passe par son compte Instagram.

J’en vois aussi sur Parallel, puisque j’y publie mes propres tenues.

J’en voyais également dans les articles des blogs de mode masculine. Pour débuter, cela permettait de découvrir ce qu’il était possible de faire.

Il arrivait aussi qu’il y ait des défilés à la télévision. Si je tombais dessus, je pouvais les regarder, même sans vraiment les comprendre ni apprécier les tenues.

J’ai très rarement cherché des looks sur Instagram à l’aide de hashtags. Il y en a trop, avec une quantité énorme de résultats. Je me retrouve noyé sous le contenu, sans avoir envie de creuser pour n’en retirer que quelques miettes. Le défilement infini incite en plus à ne jamais s’arrêter. En revanche, j’étais souvent bloqué après une dizaine de lignes d’images.

À un moment où j’étais largement dans le style militaire, j’avais essayé de chercher des tenues dans cet univers, mais sans succès, du moins avec le peu de recherches que j’avais faites.

C’était également le cas sur feu Lookbook.nu.

Lorsque je m’étais mis au techwear militaire, j’avais trouvé assez facilement quelques comptes et des tenues qui me plaisaient. Le problème, c’était qu’à part faire la même chose, il n’y avait pas beaucoup d’autres possibilités. C’est un style assez fermé : il existe peu de marques, on ne peut pas intégrer d’autres styles, à l’exception de certains hoodies dark, que je trouvais plus agressifs et plus intéressants que les hoodies de sport. Pour ces raisons, entre autres, j’ai fini par abandonner le techwear militaire.

Sur les blogs de mode masculine, il était souvent conseillé de regarder énormément de looks pour se former l’œil. Comme je ne voulais pas le faire, je me suis dit que j’allais peut-être me tirer une balle dans le pied. En tant que débutant, remettre en cause des conseils destinés précisément aux débutants, était-ce arrogant, présomptueux, têtu, obstiné ? Ou, au contraire, une forme d’indépendance d’esprit, de discernement, d’autonomie et de prudence ? Il y a d’ailleurs d’autres conseils de base que j’ai également choisi de ne pas suivre. Aujourd’hui, je me rends compte que j’ai bien fait.

C’est peut-être aussi ce qui m’a permis de me singulariser. Comme je ne cherchais pas de tenues chez les autres, je ne savais pas vraiment si certains faisaient déjà la même chose. On me dit aujourd’hui que mon univers est original, et je me rends quand même compte que je suis allé loin dans cette démarche.
Je ne voulais pas non plus chercher des looks chez les autres, afin d’éviter de vouloir retrouver une pièce d’une ancienne collection, sans jamais réussir à mettre la main dessus. Ou de voir des alternatives qui ne me plaisaient pas vraiment. Je voulais aussi éviter de reproduire une tenue entière, mais en moins bien et sans en avoir compris les raisons. Cela donne l’impression d’être en retard, d’être en dessous. Ce qui est vrai, même si cela se rattrape avec le temps.

Il m’est tout de même arrivé de le faire, à regret. Sans vouloir copier, mais en m’en rapprochant un peu plus que je ne l’aurais souhaité.

On apprend souvent en copiant, au moins au début, pour partir de quelque chose. Puis il faut progressivement s’en détacher, afin de seulement s’en inspirer. C’est un peu comme les règles de base : elles servent de cadre au départ, mais ne sont qu’un point de départ. C’est ensuite en s’en éloignant, lorsque l’on comprend pourquoi elles existent, que l’on peut aller plus loin, au prix d’une plus grande difficulté.

J’espère que, même si je vais loin dans mon style, on comprend qu’il s’agit avant tout de mode.

Il y a aussi une autre raison pour laquelle je ne cherche pas de tenues chez les autres : plus je m’améliore, plus je deviens exigeant, y compris envers les tenues des autres. J’en apprécie donc de moins en moins aujourd’hui. Avant, on ne pouvait pas dire que j’aimais beaucoup de choses ; c’était plutôt que la plupart des tenues ne me dérangeaient pas.

2 – Qu’est-ce qui m’inspire ?

Depuis le début de mon intérêt pour mon look, c’est en voyant des vêtements sur les e-shops que les associations me viennent.
Au départ, je ne possédais presque rien, donc j’imaginais pouvoir créer une tenue à partir d’une pièce vue sur un e-shop, puis lui associer une seconde pièce trouvée sur une autre boutique.
Aujourd’hui, je passe plutôt en revue, dans ma tête, les pièces que je possède pour voir si elles peuvent s’intégrer à mon univers et à mes couleurs, si elles sont meilleures que ce que j’ai déjà, si elles peuvent me faire passer un cap ou simplement étoffer ce que je possède.
Je ne cherchais pas un style non plus. C’est en remarquant, sur mes dernières pièces achetées, qu’elles étaient dans le même style, que j’ai commencé à analyser si j’aimais davantage cette direction que les autres, ou si ce n’était qu’un hasard. Je trouvais effectivement que j’appréciais davantage ces directions, alors j’y étais plus attentif par la suite.
Une pièce donne déjà des indications sur la manière dont elle peut être portée. Pour moi, si elle est kaki ou marron, et plutôt beige au printemps et en été, je vais l’imaginer dans ma garde-robe pour voir si elle peut correspondre. Le camaïeu, c’est ce qui fait le lien dans mon style, donc je vais être plus attentif à ces couleurs en voyant une pièce.
Il faut qu’elles soient larges, la plupart du temps, aussi. C’est comme si j’avais un filtre dans ma tête qui m’affichait uniquement les couleurs que je veux, en mettant de côté les autres. Et que je voyais les couleurs que je souhaite à travers le prisme de mon style militaire. Donc, même si une pièce n’est pas d’une marque militaire et qu’elle est juste kaki ou vert foncé, je vais la plier à ma façon de voir, pour imaginer si elle peut s’intégrer dans ce que j’ai.
Je peux aussi me demander pourquoi ça me plaît, et à quoi ces vêtements me font penser dans d’autres domaines. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’ai créé mes articles « Analogie ».

Ou comment je peux les détourner pour pouvoir les intégrer dans mon style.

C’est de ça dont parle mon article sur le détournement.

Ce qui peut être le cas aussi si le vêtement est féminin. Est-ce qu’il peut correspondre à mon style masculin militaire ? Ou y a-t-il des éléments qui le rendent trop féminin pour mon univers ?
On peut avoir un look féminin pour un homme et qu’il soit bien exécuté, mais je ne m’imagine pas le faire. Comme je ne regarde pas de looks, je n’ai pas non plus de références dans cette direction.

Au final, je peux tout de même porter de la soie, qui est fluide et brillante, alors qu’on l’associe plus volontiers au vestiaire féminin. C’est pourtant ce que j’imaginais avant de tomber sur la bonne pièce.

chemise, robe, broderies et pantalon en soie ou viscose – mars 2026

Je porte aussi des robes-chemises comme des surchemises, ouvertes, avec autre chose en dessous. Comme j’avais déjà des surchemises très longues, c’est en tombant sur une robe-chemise kaki que je me suis demandé si, et comment, je pouvais l’intégrer à mon style.

chemise en soie et robe – mars 2026
robe portée en surchemise ou manteau – mai 2025
robe portée en surchemise – mai 2025

En revanche, une robe fermée, même avec autre chose par-dessus, je ne me sens pas capable de l’assumer. Ou pas encore. Je n’aurais pas assumé, il y a des années, de m’habiller comme aujourd’hui.
De même pour une jupe : je pourrais l’imaginer portée plus bas que le genou, épaisse, kaki ou marron, avec un pantalon en dessous, de grosses bottes ou encore des mi-bas épais pour cacher les jambes.
Pour les talons hauts, je pense que ça ne marcherait pas du tout.
C’est le genre de chose où je me dis que ce n’est pas pour moi, jusqu’au jour où je vois une pièce qui me plaise et qui peut s’intégrer dans mon style.
Je ne m’inspire pas des tenues des autres, et je ne me suis jamais inspiré de celles des groupes de musique non plus. Parce que je ne m’intéressais pas à leurs looks et que je ne connaissais même pas leurs tenues. Il en va de même pour les personnalités connues ou les personnages de fiction. Cela ne me vient tout simplement pas à l’esprit.

Pourtant, on pourrait le croire, puisque mon univers évoque un imaginaire militaire, dystopique ou post-apocalyptique. Mais les costumes de cinéma fonctionnent surtout à l’écran, grâce à l’étalonnage et à l’univers qui les entoure. Dans la réalité, ils donnent facilement une impression de déguisement. De la même façon, dans le dessin ou la peinture, l’artiste applique le même style à toute l’image, ce qui rend l’ensemble cohérent.

Le vêtement, c’est la matière première pour construire à partir de ça. La base. Les fondations. Alors que la tenue, c’est déjà prémâché par un autre.

Si je n’avais pas eu d’idées en voyant des vêtements, j’aurais peut-être fini par essayer de trouver des tenues chez les autres.
S’inspirer des pièces et des associations des autres, peut-être que les gens se disent que ça va plus vite, que c’est plus facile, que c’est un raccourci. Mais on dirait que c’est une mauvaise habitude qui fait prendre de mauvais réflexes, dont il est difficile de se débarrasser. À chaque fois que j’en entends parler, ça me conforte dans ma direction.

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