L’intérêt de se prendre en photo

Depuis que je me prends en photo, cela me pousse à varier mes tenues. Je regarde celles que j’ai déjà faites les jours précédents sur mon Instagram pour éviter de porter les mêmes vêtements et pour faire tourner mes pièces. C’est plus efficace que d’essayer de s’en souvenir.
Cela me permet aussi de ne pas oublier certaines pièces, plutôt que de porter uniquement celles qui sont en haut de chaque pile. Je regarde également plus loin dans le temps pour voir avec quelles autres pièces j’avais associé celle que je souhaite porter le lendemain, toujours dans l’idée de varier.
Ça m’évite de me rabattre sur une tenue « de sécurité », composée de vêtements simples mais efficaces, rassurants, au détriment de pièces plus pointues.
En dehors des photos, je porte des tenues d’il y a deux ou trois ans, que j’avais déjà prises en photo.

Les deux premières années, je faisais environ trois tenues par semaine, voire quatre, surtout en automne et en hiver. La troisième année (l’année dernière), je n’en faisais plus que deux environ. J’étais moins motivé, car j’avais plus de mal à trouver de nouvelles associations que je n’avais pas déjà faites.
Plus les années passent, plus je dois me creuser la tête. Au début, tout était nouveau à montrer. Pourtant, j’achetais toujours de nouvelles pièces, ce qui facilitait les choses : il suffisait d’associer un nouveau vêtement avec les anciens.
C’est une astuce facile dont je me suis servi début 2024, avec un bomber-doudoune que je portais comme doublure sous d’autres manteaux. Je devais le mettre une fois par semaine en photo, et parfois aussi hors photo, ce qui a fini par me lasser un peu. Je n’ai pas eu envie de refaire la même erreur depuis.

janvier 2024
janvier 2024
janvier 2024
janvier 2024
janvier 2024
février 2024
février 2024
mars 2024
mars 2024

Je fais la même chose avec les petites pièces que j’ai en un, deux ou trois exemplaires, comme les bonnets ou les gants, car je ne construis pas une tenue autour d’eux. C’était aussi le cas des pantalons et des chaussures.

Une autre astuce consiste à reprendre une ancienne tenue et à ne changer qu’un seul vêtement qui ne fonctionnait pas, pour le remplacer par un nouveau plus adapté. Ce que je ne fais pas.

Au début 2024, je me suis aussi rendu compte d’une limite supplémentaire à tout faire de tête : quand j’achetais un nouveau manteau ou blouson, je le portais d’abord fermé pour créer une tenue facile, puis je le portais ouvert dans d’autres looks. C’est ce que j’ai fait avec le bomber-doudoune cité plus haut, et avec ce manteau.

février 2024 – Manteau fermé pour avoir une tenue facile.

Cela me permettait de ne pas me prendre la tête avec la couche du dessous, puisqu’elle n’était pas visible.
Par exemple, je peux porter des chemises marron dans des tenues en camaïeu de kaki, car je n’ai qu’une seule chemise kaki vraiment intéressante. Les chemises marron fonctionnent moins bien si tout le reste est kaki, donc je les montre peu.

février 2026
janvier 2026 – Un petit bout de chemise marron dépasse.
décembre 2025

Je peux aussi porter un blouson ou un gilet fermé sous un manteau pour mieux en voir les détails, qui seraient sinon cachés.

janvier 2026
janvier 2026
janvier 2026
décembre 2025
décembre 2025
décembre 2025

Cet hiver 2025/2026, pour créer plus de tenues et me rassurer, j’ai décidé de toutes les écrire à l’avance.
J’ai créé des fichiers listant chaque type de vêtement que je possède : « blousons », « manteaux », « pantalons », « chemises », etc. Ensuite, je choisis un manteau (puisque c’est ce que je préfère) et j’associe à partir de ces listes, les vêtements que je pense compatibles.
C’est très long à faire, car il y a beaucoup de copier-coller pour chaque variante. J’ai aussi noté plusieurs options interchangeables pour une même tenue.
Comme ces deux gilets vintage militaires qui sont permutables :

novembre 2025
décembre 2025

Ou mes deux gilets matelassés, ou encore mes deux blousons matelassés, ainsi que certains pantalons et des chemises plutôt cachées sous les vêtements d’extérieur.
Pour les chaussures et les accessoires, je les ajoute rarement, car je n’en ai que quelques-uns et je porte tout le temps les mêmes.
Pour le moment, je m’appuie peu sur des tenues déjà écrites, parce que ce n’est pas si pratique. Il m’arrive de choisir un manteau la veille, puis de construire le reste autour, en consultant mes listes par type de vêtements.
Je pense écrire un article à la fin de l’hiver, une fois que j’aurai plus de recul.

Un autre intérêt de la photo est d’avoir un point de vue différent de celui du miroir.
Parfois, devant celui-ci, une tenue semble fonctionner, mais pas en photo. Comme l’image est figée, on voit d’autant plus les défauts. Cela a des avantages et des inconvénients. Devant le miroir, on ne perçoit pas tout, et la lumière est différente.

Au final, je ne passe que quelques secondes à m’arranger devant l’appareil. Je ne veux pas y passer une éternité. Entre le moment où je m’habille et la photo, j’ai bougé, donc les vêtements aussi. Même si, dans le miroir, ça fonctionnait, ce n’est plus forcément le cas devant l’appareil.
Je ne cherche pas la perfection comme dans un lookbook de marque. Il faut trouver un équilibre : soigné, mais pas figé ni artificiel. Trop de contrôle donnerait une image irréaliste.

Mais pour éviter des erreurs simples à corriger, cet hiver, je note aussi quelques rappels pour mieux porter certaines pièces. Pas pour chercher la perfection ni y passer du temps, seulement de petits ajustements faciles.
Par exemple : surveiller les cols en soie ou viscose qui ressortent de l’écharpe, mieux répartir les couches quand il y a du layering, me tenir droit, rentrer les gants dans les manches, ou recentrer les manteaux larges qui ont tendance à tomber d’un côté.
Rien de très sérieux : juste des détails que je risque d’oublier d’ici l’hiver prochain.

Je prends généralement deux photos de face et je garde la moins mauvaise, pour ne pas y passer trop de temps et parce que sur un petit écran on ne voit pas tout.
Si la photo est vraiment mal prise, de mauvaise qualité, la tenue aura l’air moins réussie.
Je retouche légèrement, sans y passer trop de temps, et je n’ai pas envie d’investir dans du matériel plus poussé.
Si le soleil est dégagé, alors la lumière devient plus orangée, avec davantage d’ombres. Comme je ne suis pas pile en face du soleil, les ombres peuvent masquer des détails.

janvier 2026 – Gros reflet et grosses ombres sur l’écharpe en soie.
décembre 2025 -Trop d’ombres.

Comme je ne me vois pas en dehors du miroir ou des photos, je ne peux pas être sûr, mais je pense que toutes ces astuces améliorent mes tenues au quotidien.

Se prendre en photo ne veut pas forcément dire publier sur internet ou montrer son visage. On peut le faire pour soi : pour s’habituer à la prise de vue, à la pose, au lieu, à la retouche, et simplement pour progresser.

On dit souvent que montrer son travail permet de progresser plus vite grâce aux retours. Moi, je préfère d’abord m’améliorer seul, corriger mes problèmes, puis montrer quelque chose plus que solide, pour qu’on me signale des problèmes auxquels je n’ai pas pensé. Je trouve que je relativise mieux les avis quand j’ai déjà construit des acquis consolidés. C’est aussi plus intéressant à regarder pour les gens.
Il ne faut pas s’attendre à de longues analyses détaillées. C’est plutôt un commentaire de temps en temps. Sur Instagram : il faut oublier. Personne ne vous attend. Ce que je comprends, puisque je ne le fais pas non plus pour les autres. On ne sait même pas pourquoi les gens likent ou non. C’est une raison de plus pour s’habiller d’abord pour soi.
J’ai tout de même un manteau, qui se suffit à lui-même, que j’adore, mais j’ai l’impression d’être le seul. Avec juste des likes comme données, je ne sais pas si c’est le cas ou non. Du coup, j’hésite à le porter davantage. Même si je m’habille pour moi, je me demande comment ça sera perçu. Je dois probablement être influencé un petit peu sur d’autres choses sans m’en rendre compte, mais au final j’essaie plein de nouvelles idées, en me posant moins de questions qu’avant sur les retours.

Je me suis mis à poster mes tenues également pour qu’on me dise si d’autres avaient un style similaire. Car je ne regarde ni influenceurs ni lookbooks. J’avais rarement essayé de chercher, car c’est fastidieux et je peux m’en passer pour imaginer mes tenues. J’en voyais bien sûr les blogs et toujours sur les pages produits, quand c’est porté par un mannequin, et rapidement sur les communautés.

Poster mes tenues m’apporte quand même une légère pression positive : juste assez pour me renouveler, sans que ça devienne contraignant.
Au bout de la première semaine de photos, j’avais déjà l’impression que j’avais montré toutes mes pièces et que j’allais me répéter. D’où l’utilité de faire des listes de ses vêtements et de ses futures tenues. Après quelques semaines, je me mettais déjà moins de pression.

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