Mon évolution dans le style militaire.
Au cours de mon évolution dans le style militaire, j’ai eu le sentiment, à un moment donné, d’être arrivé au bout. Ou plutôt au sommet. J’avais l’impression qu’il ne me restait plus qu’à acheter davantage de pièces dans le même esprit pour continuer sur cette ligne, sans voir de perspectives d’évolution.
Je ne le voyais pas comme une impasse, mais comme un aboutissement. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’en étais satisfait.
Ma tenue d’hiver type était la suivante :

Des chemises ou des t-shirts à manches longues kaki AllSaints, l’une de mes deux parkas Ten-C, et des pantalons plus ou moins ajustés, rentrés dans des combat boots.
J’aimais les chevilles marquées par les plis du pantalon dans les chaussures, qui les affinaient, ainsi que l’impression de jambes longues donnée par une coupe ajustée. Je ne me voyais pas porter du large, et encore moins du slim. La question des coupes ne se posait pas vraiment : il me fallait simplement de l’ajusté. Un peu plus ou un peu moins, peu importait.
Et puis je suis tombé sur cette pièce :

Je m’étais dit que ce manteau pouvait s’intégrer à ce que j’avais déjà, parce qu’il était marron et que je portais surtout des couleurs naturelles. Je pensais aussi que le volume large pouvait fonctionner, même si le reste de mes pièces était plutôt ajusté. Il n’avait pas l’aspect militaire de mes autres manteaux, mais sa couleur marron faisait le lien entre mon univers et le sien. Cela ne m’empêchait pas de douter : le côté ancien pouvait-il vraiment s’accorder avec le militaire ?
Je suis ensuite devenu plus attentif aux manteaux larges, et j’en ai trouvé d’autres. Lequel j’ai acheté en premier, je ne sais plus : je n’ai pas vérifié les dates.
Fin 2022, je constatais que les manteaux oversize fonctionnaient avec mes coupes ajustées (aujourd’hui, je pense en réalité que non…), ce qui ne m’empêchait pas de me dire qu’ils iraient aussi bien avec des pantalons larges.


Je n’avais pas l’intention de passer toute ma garde-robe en coupes larges, car cela aurait impliqué de tout renouveler, donc un budget important, alors que j’étais déjà satisfait de mes coupes et de mes vêtements.
Je me suis ensuite dit que si je devais porter un manteau large et un pantalon large, une chemise très longue et ample fonctionnerait bien. Là encore, je n’avais pas l’intention de remplacer mes chemises ajustées par des modèles oversize.
Enfin, si le manteau était large, tout comme le pantalon et la chemise, autant porter aussi un pull ou un cardigan oversize.
Entre l’achat des premiers manteaux larges et celui des premiers pantalons oversize, il s’est écoulé quelques mois. Entre les premiers pantalons larges et les premières chemises oversize, environ un an et quatre mois. J’en avais acheté deux plus tôt, qui se sont finalement révélées être ajustées.
C’est seulement en commençant à porter du large que je me suis mis à m’intéresser aux coupes, et pas uniquement à me focaliser sur les textures et les couleurs irrégulières comme critères principaux. Par exemple des pantalons wide, jupe-culotte, palazzo ou montgolfière, pour les coupes qui portent un nom.
À un moment, je me suis rendu compte que porter davantage de pièces larges dans mes tenues fonctionnait mieux qu’avec mes coupes ajustées. C’était plus pointu, plus intéressant visuellement. Et cela me faisait aussi évoluer. Vouloir n’y tremper qu’un orteil ne m’a pas suffi : une fois que j’y ai goûté, j’en ai finalement voulu plus.
Ce que j’aimais dans le militaire, avec une touche de dark et des coupes ajustées, c’était entre autres son côté agressif, masculin. Comme dans l’expression « tailler au scalpel » : un outil qui blesse, ou l’idée d’une silhouette affûtée, qui renvoie aux lames. À l’inverse, le large donne une impression de relâchement, de détente, donc de douceur.
D’un autre côté, l’oversize apportait des coupes qui semblaient venir d’un autre temps. J’aimais déjà les textures très marquées, qui donnent l’impression de venir du passé. J’appréciais Uma Wang et Ziggy Chen, sans trop oser m’y attarder, pour ne pas me faire envie au vu des prix. Et les coupes larges ne me parlaient pas au début, puisque je n’étais pas encore entré dedans, pas encore prêt à basculer.
J’avais déjà du By Walid en occasion, et j’ai fini par surveiller par la suite Uma Wang et Ziggy Chen.
Avant fin 2023, j’adorais les combat boots et je ne portais que ça en hiver. À partir de la fin 2023, après être passé depuis quelque temps aux coupes larges, les modèles que je possédais me semblaient un peu trop simples par rapport à mes silhouettes. Plus largement, je trouvais que les combat boots ne correspondaient plus vraiment à mes tenues : trop bourrines, un peu trop premier degré militaire. Ce type de chaussures ne me parlait plus.
Comme il n’y avait pas d’autres types de chaussures qui me plaisaient, je me suis tourné vers des sneakers. D’abord parce qu’elles viennent, à l’origine, du vestiaire militaire. Ensuite parce que j’en avais déjà pour le printemps et l’été, et que c’est moins cher que des chaussures en cuir : puisque c’était un choix par défaut, autant ne pas trop investir. Je trouvais que cela fonctionnait dans mes tenues, parce que les textures étaient travaillées, comme celles de mes vêtements.
Il est arrivé que l’on me fasse remarquer qu’elles ne correspondaient pas au reste de la tenue. De mon côté, je les aimais bien (toujours par défaut) et je ne voyais pas ce qui pourrait mieux fonctionner, même parmi les alternatives qu’on me suggérait.

Début 2025, j’ai fini par trouver des chaussures et des surchaussures massives, dans mes couleurs. Je me suis aussi souvenu que j’avais une paire que je ne portais plus, et qui pouvait correspondre.

Fin 2025 et début 2026 (aujourd’hui), j’affine mes tenues en portant des couleurs plus proches. L’année précédente, je pouvais porter une pièce trop claire ou trop marron. Je m’en rendais compte, mais je n’avais pas forcément la bonne pièce pour corriger.


aujourd’hui :


En commençant à porter des manteaux larges, j’ai compris que c’était pratique pour empiler davantage de couches, en dessous comme au-dessus. Je mettais presque le maximum de pièces, pour voir jusqu’où je pouvais aller sans que cela fasse trop. Je trouvais que le rendu fonctionnait mieux dans le miroir qu’en photo, peut-être parce que c’était moins bien agencé. Je voyais que c’était perfectible, mais c’était plus avancé, et mieux que ce que je faisais avant. Là encore, je m’en rendais compte, mais je n’avais pas forcément la bonne pièce.


Ce qu’il faut retenir de cette évolution, c’est que le changement dans mon style militaire n’était pas prévu. Je voyais un type de pièces différent qui pouvait correspondre à ce que je faisais, puis, plus tard, la même chose avec un autre type. Une marche après l’autre. Je n’ai pas tout changé d’un coup, et je ne le voulais pas. Je suis tombé sur une pièce qui faisait le pont entre mon style et un autre, ce qui me débloquait ensuite d’autres pièces à associer. Et, à force de voir mes looks en photo, je me rendais compte que mes vêtements d’avant correspondaient de moins en moins.
C’est aussi petit à petit que j’ai évolué d’un style casual chic débutant vers le militaire. Le techwear militaire, en revanche, je l’ai exploré en parallèle, car les deux ne pouvaient pas vraiment s’associer. Il fallait attendre d’avoir suffisamment de tenues techwear militaire pour pouvoir les porter, ce qui était frustrant. Au final, j’ai arrêté le techwear militaire pour différentes raisons.
Dernièrement, je veux, ou voulais, tenter d’intégrer une pièce de techwear militaire kaki dans mon style actuel, mais aujourd’hui, je ne sais plus si c’est une si bonne idée.